Un accord de mi diminué peut sembler anodin sur le papier, mais sa tension harmonique et son doigté demandent un peu de précision. Je détaille ici les notes qui le composent, la position la plus accessible en première case, une forme mobile plus complète et les erreurs qui rendent souvent cet accord brouillon.
Le bon doigté pour obtenir un mi diminué propre
- Notes : Mi, Sol et Si♭, soit la formule 1, ♭3, ♭5.
- Position facile : 0 1 2 0 x x, de la sixième à la première corde.
- Doigts : index sur la corde de La, première case, et majeur sur la corde de Ré, deuxième case.
- À éviter : faire sonner les cordes de Si et de Mi aigu, qui ne font pas partie du doigté ouvert.
- Usage : créer une tension brève avant un accord majeur ou mineur.
De quelles notes se compose l’accord de mi diminué
Le mi diminué, noté Mi°, Edim ou parfois E°, est une triade formée de trois notes : Mi, Sol et Si♭. On part d’un accord de mi mineur, puis on abaisse sa quinte, le Si, d’un demi-ton.
| Fonction | Note | Intervalle |
|---|---|---|
| Fondamentale | Mi | 1 |
| Sol | ♭3 | |
| Quinte diminuée | Si♭ | ♭5 |
Cette quinte diminuée forme un triton, un intervalle très tendu qui donne à l’accord son caractère instable. C’est précisément pour cela que je l’utilise rarement comme accord final. Il fonctionne beaucoup mieux comme accord de passage, juste avant une résolution.
Attention à ne pas le confondre avec le mi demi-diminué, noté Em7♭5. Ce dernier contient quatre notes, Mi, Sol, Si♭ et Ré, tandis que le mi diminué simple n’en contient que trois.

La position la plus simple en première case
En accordage standard, la forme la plus pratique est 0 1 2 0 x x. Le chiffre 0 indique une corde jouée à vide, le chiffre 1 une corde frettée en première case, le chiffre 2 une corde frettée en deuxième case et le x une corde à ne pas jouer.
| Corde | Position | Doigt ou action | Note |
|---|---|---|---|
| Mi grave | 0 | À vide | Mi |
| La | 1 | Index | Si♭ |
| Ré | 2 | Majeur | Mi |
| Sol | 0 | À vide | Sol |
| Si | x | À étouffer | Non jouée |
| Mi aiguë | x | À étouffer | Non jouée |
Pour le placement, posez l’index sur la corde de La, première case, puis le majeur sur la corde de Ré, deuxième case. Les cordes de Mi grave et de Sol restent ouvertes. Cette position est accessible, mais elle exige de limiter le balayage de la main droite aux quatre cordes graves et médiums.
Je conseille de jouer chaque corde séparément avant de gratter l’ensemble. Si le son est sale, le problème vient souvent d’un doigt trop couché qui touche la corde voisine, ou d’un mouvement de médiator trop large. La guitare doit produire quatre notes distinctes, pas un amas sonore.
Une forme mobile pour un son plus complet
La position ouverte est idéale pour apprendre le principe, mais elle ne se déplace pas facilement sur le manche à cause des cordes à vide. Pour accompagner une progression ou jouer plus haut, une forme mobile donne davantage de contrôle.
Une position compacte intéressante se trouve autour de la douzième case. Jouez la sixième corde en douzième case, la troisième en douzième case, la deuxième en onzième case et la première en douzième case. Les cordes de La et de Ré restent muettes.
La tablature correspondante, de la sixième à la première corde, peut s’écrire ainsi :
e|--12--
B|--11--
G|--12--
D|--x---
A|--x---
E|--12--
Le doigté le plus logique consiste à utiliser l’index sur la deuxième corde, case 11, puis le majeur, l’annulaire et l’auriculaire sur les cases 12. Cette forme demande plus d’écartement et de précision, mais elle offre un son plus net et se transpose par blocs de trois tons.
Les accords diminués sont symétriques. En pratique, une même forme peut donc produire plusieurs noms selon la note de basse et le contexte harmonique. Pour débuter, je recommande toutefois de retenir d’abord la fonction de l’accord et sa résolution, plutôt que de mémoriser toutes ses équivalences.
Comment éviter les cordes étouffées et les fausses notes
Le premier piège consiste à laisser sonner les cordes de Si et de Mi aigu dans la position ouverte. Elles ajoutent des notes qui ne correspondent pas au doigté prévu et peuvent transformer la couleur de l’accord. Il faut soit les éviter avec la main droite, soit les effleurer légèrement avec un doigt de la main gauche.
- Son étouffé : rapprochez le doigt de la frette sans appuyer inutilement fort.
- Si♭ qui frise : placez l’index juste derrière la première frette, pas au milieu de la case.
- Mi grave trop dominant : réduisez l’attaque du médiator, car la fondamentale peut facilement couvrir les autres notes.
- Accord difficile à enchaîner : préparez les doigts dans l’air avant de les poser simultanément.
Je préfère travailler cet accord avec un métronome à 60 battements par minute. Jouez quatre noires, relâchez la main entre chaque répétition, puis augmentez de 5 battements par minute seulement lorsque toutes les notes restent audibles.
Une guitare mal réglée peut aussi compliquer l’exercice. Une action trop haute, c’est-à-dire une distance importante entre les cordes et les frettes, rend les petits doigtés diminués inutilement fatigants. Dans ce cas, un réglage de l’instrument aura souvent plus d’effet qu’une pression excessive des doigts.
Dans quelles progressions utiliser cet accord
Le mi diminué n’est pas conçu pour remplacer durablement un accord de mi mineur. Sa fonction est plutôt de créer une attente. Dans une phrase en fa majeur, par exemple, il peut servir de transition chromatique vers Fa, selon la mélodie et la basse.
On peut aussi l’utiliser avant un accord de La mineur ou de Mi, à condition que la ligne mélodique confirme la direction. Le résultat est particulièrement efficace dans les accompagnements de chanson, les introductions lentes et les arrangements de guitare solo où chaque voix peut être entendue.
| Situation | Rôle du mi diminué | Résultat recherché |
|---|---|---|
| Accord de passage | Relier deux accords voisins | Donner un mouvement chromatique |
| Introduction | Installer une tension | Créer une couleur dramatique |
| Jazz ou musique de film | Enrichir une cadence | Obtenir une résolution plus expressive |
| Guitare solo | Arpéger les trois notes | Faire ressortir le triton |
Pour entendre clairement son intérêt, jouez lentement Mi diminué puis Fa, ou alternez la position ouverte avec un accord stable de votre morceau. La tension doit rester courte. Si elle dure trop longtemps, l’oreille perd l’impression de mouvement qui fait tout l’intérêt de cette triade.
Le bon réflexe pour l’intégrer à votre jeu
Commencez par maîtriser la forme ouverte 0 1 2 0 x x, puis vérifiez chaque corde séparément. Une fois le son propre, travaillez deux ou trois enchaînements avec un métronome avant d’explorer la forme mobile en douzième case.
Le plus important n’est pas de plaquer cet accord partout, mais de comprendre quand sa tension sert réellement la musique. Un mi diminué bien placé, joué brièvement et résolu avec précision, apporte souvent plus de relief qu’une succession d’accords complexes mal contrôlés.